date: 8.11.2000
lieu: café Bizarre
Invités : Dario et Guillaume,
représentants de la CODHA (Coopérative De l'Habitat
Associatif, 24, rue Montbrillant, 1201 Genève, tel. 740.
32 91, codha@imaginer.ch)
1) Tour de table
- 27 rue Rousseau
(squat, 25 personnes, immeuble propriété Manor)
Pas de régularisation possible de la situation en vue.
Immeuble dont le devenir dépend en partie du nouvel aménagement
de la place Grenus : fermeture des trémies d'accès
à la place Grenus et déplacement ailleurs. Sur ce
point, statut quo lors de la dernière réunion du
conseil municipal...
- 14 rue Rousseau (20 personnes locataires
d'un immeuble propriété Ville de Genève)
La Ville a fait un projet de rénovation accepté
par la commission pour un montant de 3 millions.
L'association des habitants de l'immeuble a déposé
un recours (fin août) soutenu par l'Asloca. En outre, ils
ont fait une proposition de contre-expertise (avec le soutient
de Daniel Marco, architecte). En cours...
- 10 rue Lyssignol (squat, habitants
au bénéfice d'un contrat de confiance, immeuble
propriété Ville de Genève)
L'association des habitans de l'immeuble ("Téo 10")
ont déposé un recours auprès de la ville
pour travaux jugés abusif. Ne sait pas si l'Asloca va faire
recours...
- 5-7 rue des Etuves (squat)
Villa a un projet sur le 3 et le 5. Le 3 va être démolit
et le 5 rénové.
- 1-3 Lyssignol (squat, 25 habitants
au bénéfice d'un contrat de confiance, immeuble
propriété Ville de Genève)
Les habitans sont intéressés éventuellement
à un projet de coopérative, ou de bail associatif
sur le modèle du 24 Montbrillant.
2) Présentation
de la Codha
Historique
La Codha est née du constat de la pénurie de logement
à Genève, elle découle du GRAL (groupement
pour le logement associatif). A l'origine l'idée était
de rassembler les forces dispersées concernées par
ce problème. L'objectif résidait dans la volonté
d'avoir une plus grande maîtrise sur son logement. S'appuie
également sur le développement de WOGENO "Wohngenossenschaft"
en suisse alémanique, coopérative qui existe dans
un quinzaine de villes depuis 1980, où ce système
est plus développé. La CODHA fait partie de WOGENO,
elle s'en distingue dans la mesure où elle est généralement
plus orientées sur des logements aux loyers plus faible.
Généralités du fonctionnement des coopératives
(Codha ou Wogeno, etc.)
Chaque coopérative d'habitant fonctionne comme un société
simple. Chaque coopérateur (ou membre de la coopérative)
détient une part sociale ainsi qu'une voix et ceci indépendamment
de la somme d'argent versée. Par ailleurs, elle agit en
tant que personne morale (peut donc acheter en son nom propre
des immeubles). Il y a d'autres coopératives d'association.
A Genève, il existe des coopératives institutionnelles
(crées par certains syndicats ou philanthrope) ou encore
des coopératives plus petite (l'archétype c'est
le groupe de copains qui se met ensemble en vue d'un projet, autrement
dit qui se monte en coopérative, etc.).
La coopérative n'implique pas forcément l'achat
d'un immeuble (sur ce point, c'est presque exclu de pouvoir acheter
une immeuble "propriété ville de Genève",
cela ne fai pas partie de sa politique). Le plus souvent donc,
la coopérative peut être au bénéfice
d'un "droit de superficie" concédé par
le propriétaire (généralement l'Etat), doit
se rapportant soit à un immeuble, soit à un terrain.
Ce droit fonctionne en quelque sorte comme un "contrat de
location" à durée limitée (généralement
jusqu'à 100 ans !). L'obtention d'un droit de superficie
sur un immeuble implique les mêmes devoirs et les mêmes
droits qu'un propriétaire.
3) Questions, discussions:
(N.B. je ne me rappelle plus qui a posé les questions, dans
tous les cas c'est les représentants de la Codha qui répondent)
Q : Quelles différences pour les habitants
lorsque le propriétaire c'est la Ville de Genève ou
un privé ?
En théorie, cela ne change pas. Mais dans les fait, la ville
ne poursuit pas forcément les mêmes buts qu'une entreprise
privée, elle peut par exemple mener des politiques sociales,
etc. Par conséquent, la marge de négociation pour
l'habitant change, dans la mesure où les conditions pour
négocier l'accord ne sont les mêmes (normes de rentabilité,
de profit / norme de solidarité ).
Q : En cas de litige entre les habitants et
le propriétaire en matière de rénovation (frais
jugés trop élevé par ex.), quels changements
apporteraient le fait d'être une association d'habitant membre
d'une coopérative ?
Généralement, lorsque le propriétaire est la
ville, ce qui implique que la coopérative qui gère
l'immeuble est au bénéfice d'une droit de superficie
sur l'immeuble, cette dernière, par des négociations
avec l'association d'habitant, est contrainte d'assurer les conditions
de salubrité et de sécurité minimale de l'immeuble.
Reste que le fait de travailler en coopérative permet une
transparence plus grande sur le processus, dans la mesure où
ce système donne à l'habitant un pouvoir de négociation
(but même de la coopérative).
Q : Quelles différences avec le bail
associatif contracté non pas avec une coopérative
mais avec la ville ?
On reste des locataires (et non pas des propriétaires) qui
ne disposent pas d' "une maîtrise du devenir" de
l'immeuble dans lequel ils habitent...
Les habitants qui appartiennent à
la Codha sont au bénéfice de deux "statuts"
:
- coopérateur : puisque membre de la Codha
- membre d'une association d'habitant (gestion des affaires internes)
L'habitant-coopérateur a pour devoirs de :
- payer sa part sociale
- participer au paiement des fonds propres de l'immeuble (fonds
propres qui fait référence à l'emprunt bancaire,
ils se montent généralement à 10 % du total
occtroyé pour les travaux).
Cet habitant signe un bail avec l'association des habitants de
l'immeuble, qui à l'image d'une régie, a un contrat
de bail avec la coopérative (relation : habitant-association
d'habitant-coopérative).
L'association d'habitants dont les membres sont en même
temps des coopérateurs offre la possibilité de mieux
maîtriser son logement sur différents points, comme
notamment :
- Elle participe aux attributions des appartements. Généralement
la Codha met en place une commission paritaire composées
de 2 membres de la coopérative (non-habitants) et de 2
membres de l'association d'habitants pour "ouvrir" un
peu plus l'immeuble à d'autres personnes (extérieures
aux réseaux de proches). Le cas des logements de type communautaire,
donne un choix plus grands aux habitants puisque les gens vivent
ensemble et doivent donc bien s'entendre.
- Elle définit le montant des loyers suivant les habitants.
Si elle fonctionne sur des normes de type "égalitaires",
elle est libre de demander "plus" à certains
et "moins" à d'autres. A la fin de chaque mois,
il revient à l'association des habitants et non pas aux
habitants pris individuellement de payer la totalité du
loyer versé à la coopérative.
Ce système à deux niveaux (qui implique pour l'habitant
deux statuts) doit rester conforme avec le code civil suisse.
Q. Est-ce qu'une
coopérative poursuit-elle une politique de logement social,
ou est-elle en mesure de s'inscrire dans une politique étatique
de logement social ?
Pour ce qui est des habitants, le fait d'êre en coopérative
n'interdit pas de faire appel à des aides aux logements (HLM).
Dans les faits, la Codha s'est montrée plus favorable au
système HBM (dans la mesure où sa "politique"
n'est pas de faire de social en soit, mais de soutenir des projets
visant à augmenter l'autonomie des habitants face à
leur logement (leur pouvoir de décision), objectif qui ne
se limite pas aux personnes au revenu modeste.
Toutefois le fait d'être propriétaire en droit ou dans
les faits (en cas de droits de superficie octroyé), permet
de gérer les versements sur le temps.
- Au début les immeubles sont chères, parce qu'il
faut emprunter de l'argent, amortir l'intérêt. C'est
à ce stade que le subvention publique (aide au logement),
peuvent diminuer le coût versé par l'habitant.
- A long terme, cela devient moins chère... Sur ce point,
un des objectifs de la Codha est de sortir les immeubles du marché.
Elle interdit la revente des immeubles, sauf lorsque l'acheteur
poursuit des buts semblables (non spéculatifs).
Q. Le fait d'être
des habitants en coopérative contraint-il l'association d'habitants,
vu son autonomie relative, de révéler l'identité
des habitants ? Cas des personnes sans-papiers...
On théorie oui, dans les fait... ....
Le problème se pose de manière manifeste lorsque les
habitants demandent des subsides en matière d'aide au logement.
Cette procédure implique un contrôle du taux d'occupation
de l'immeuble, ce qui rend la présence "clandestine"
problématique...
Arnaud
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