date: le 13.03.01
lieu: -
présents: Michel Schroeder,
Lavril Julien, Van der Muhn Antoinette, Frauenfelder Arnaud, Rey
Dominique, Pattaroni Luca, Greiner Isabelle, Riek Dunia, Bertrand
Sébastien, Ducrocq Serge, Schoeni Dominique, Lewerer Mathieu
(rédacteur du présent PV) ; Orelli Pierre et Pinget
Corine (pour l'ex-Conseil de quartier de la Jonction)
1. Rencontre avec des membres de l'ex-Conseil
de quartier de la Jonction
Deux personnes sont venues présenter
l'histoire et l'expérience du Conseil de quartier mis en
place pendant plusieurs années à la Jonction. Les
deux représentants insistent en préambule sur le fait
que le Conseil de quartier est aujourd'hui dissous et est resté
à leurs yeux une expérience inaboutie.
Le projet de Conseil de quartier à la Jonction est à
l'origine né au milieu des années 90 autour de quinzaine
organisée à la Maison de quartier, notamment deux
quinzaines sur les thèmes de la démocratie locale
et l'exclusion. Le Conseil de quartier a donc germé sur des
thèmes très " sociaux " et autour de la
MQJ, qui a offert un espace adéquat pour soutenir des habitants
mobilisés depuis longtemps par ailleurs dans d'autres structures
associatives (association de parents d'élèves, association
de la MQJ, etc.). Il est à relever qu'à la même
époque, différentes propositions allant dans la même
direction étaient soutenues à Genève dans la
sphère politique, notamment dans le programme de l'Alternative
1995 (ndlr : qu'il serait peut-être intéressant d'exhumer
? ?).
Le Conseil de quartier a fonctionné sur la base d'une Charte
et s'est organisé pendant trois/quatre années autour
de deux assemblées générales par années,
ainsi qu'en trois sous-commissions : 1) Urbanisme/transport/espaces
verts, 2) Problématiques autour de l'enfance et l'éducation
(crêches, réunions enseignants/parents), 3) Santé/qualité
de vie/cohésion sociale dans le quartier (autour de la solitude,
organisation de manifestations festives dans le quartier, aide à
la création d'une association de commerçants, etc.).
Pendant ces années, on s'est rendu compte qu'il y avait un
phénomène de spécialisation dans les sous-commissions
(composées du reste souvent par des professionnels des domaines
concernés). Cet état de fait générait
la démotivation des éventuels nouveaux venus dans
les commissions (découragés par l'écart des
connaissances ! ?) et au niveau de la participation en général
au niveau des assemblées générales.
Face à cet état de fait, on a tenté de réorganiser
le Conseil de quartier de manière à redynamiser la
participation des habitants. Les sous-commissions ont été
dissoutes, et tout le travail a été " remonté
" à l'assemblée générale, dont
les réunions ont été rapprochées (tous
les deux mois). Malheureusement, ces mesures n'ont pas eu l'effet
escompté et le Conseil de quartier a progressivement cessé
ses activités l'année dernière.
La discussion s'engage autour de cette expérience de Conseil
de quartier :
Corinne note une différence selon elle importante entre notre
propre Collectif d'habitants et le Conseil mis en place à
la Jonction. Alors que dans ce dernier cas, les préoccupations
à l'origine du Conseil de quartier s'intégraient avant
tout dans des problématiques " sociales " (pauvreté,
marginalité, écart entre les habitants et leurs élus,
etc.), dans notre cas (elle cite aussi le cas du quartier de Saint-Jean,
mobilisation autour de la fermeture de l'office des Postes), nous
sommes parti sur une démarche beaucoup plus pragmatique et
proche des intérêts et préoccupations immédiats
des habitants.
Beaucoup de questions suivent sur la question de la diffusion de
l'information pour mobiliser les habitants dans les quartiers, et
des charges qu'elle génère. Dans le cas de la Jonction,
le soutien de la Maison de quartier a été précieux
Des subventions ont du reste été demandées
en son temps à la Ville pour prendre en charge ces frais,
mais la subvention reçue fut très faible.
Pierre soulève une autre problématique liée
au pouvoir/absence de pouvoir dans le Conseil de quartier. L'absence
de pouvoir réel dans le Conseil mis en place à la
Jonction, le fait que les décisions prises au sein du Conseil
devaient encore être avalisées par les autorités
publiques et suivre les (longues) procédures administratives
qui en découlent, a pu largement favoriser la démobilisation
des habitants impliqués. Dans cette perspective, un autre
vrai problème est le fait que l'on est vite récupéré
par les autorités compétentes et que l'on est ensuite
peu écouté. En tant que représentant de la
société civile, on est bien souvent pour les élus
tout juste des faire-valoirs utiles pour valoriser leurs propres
activités
On s'est rendu compte à travers l'expérience
du Conseil de la Jonction qu'il fallait toujours faire " pression
" pour faire bouger les choses. Même les hommes politiques
ont tenu au Conseil ce même discours (Robert Kramer, à
la cérémonie d'enterrement du Conseil de la Jonction,
qui concédait la faiblesse de ses propres prérogatives
! ! !).
D'autres questions sont encore abordées dans le cadre de
la discussion. Celle-ci se clôt sur le constat que le thème
de la participation citoyenne et/ou la démocratie locale
reste aujourd'hui un thème central au plan politique (cf.
les rencontres récentes de Porto Alegre)
Il existe
donc un contexte favorable pour continuer nos expériences
! A noter que Pierre nous indique l'existence d'un réseau
mis en place autour du thème de la démocratie locale,
regroupant quelques hommes politiques, habitants de quartiers, etc.
Des infos plus complètes sur ce réseau peuvent être
obtenues auprès de Joëlle Libois, enseignante à
l'IES. (Ndlr : A noter pour ceux qui désireraient plus d'informations,
que le journal Le Courrier a publié récemment deux
très bons articles sur l'expérience du Conseil de
quartier de la Jonction
cf. Sébastien pour les références
exactes
)
2. Lettre à Christian Ferazzino
Un projet de lettre a été préparé
pour demander une entrevue et présenter notre Collectif d'habitants
à C. Ferazzino (Conseiller administratif de la Ville de Genève).
On s'accorde rapidement sur le texte remanié par Michel.
Décision est prise que Michel Schroeder s'occupe d'envoyer
la lettre, ceci 10 jours après la date de la présente
réunion, histoire de se garder le temps de préparer
cette future entrevue. Sébastien s'engage entre-temps à
vérifier la boite aux lettres au 7 rue Rousseau (qui est
gardée pour l'instant comme adresse officielle du Collectif).
3. Suite des initiatives prises par les
habitants du 14 Rousseau en vue de la rénovation concertée
de leur immeuble
Isabelle et Julien, habitants du 14 rue Rousseau (propriété
de la ville de Genève), sont allés voir récemment
Daniel Marco (architecte) au sujet des rénovations futures
projetées sur leur immeuble. Suite à cette rencontre,
il leur a été demandé de présenter dans
15 jours un listing détaillé des travaux que les habitants
désirent pour leur immeuble, qui sera soumis ensuite aux
édiles municipaux. D'après Daniel Marco, l'initiative
prise par le 14 Rousseau a quelques chances d'aboutir et mènerait
à des rénovations beaucoup plus légères
que celles initialement envisagées par la Ville
Aussi,
il serait intéressant, pour mettre d'avantage de chances
du coté de ce projet, d'associer des démarches similaires
dans les autres immeubles propriété de la Ville dans
le quartier (9, 10 Lissignol, 3/5, 7, 11, 15, 17, 21 Etuves, 5 Place
Grenus, 16 rue Rousseau, notamment).
Quelques points d'explications suivent sur ce thème des rénovations
: D'après la Méthode d'évaluation rapide (MER)
mise en place notamment par Daniel Marco, les travaux de rénovations
estimés pour les immeubles en question ont pu être
baissés de manière très significative (par
exemple, au 14 rue Rousseau, les rénovations projetées
par la Ville étaient devisées à 2,1 millions
; avec la méthode MER, Daniel Marco parvenait à des
travaux à 1,3 millions
). Une chose à rappeler
cependant : avec la méthode MER, on regarde en gros l'état
de l'immeuble, et on évalue le montant des travaux absolument
nécessaire pour la sécurité et la stabilité
de la structure ; on ne tient donc compte que des travaux strictement
nécessaires. La Ville a une démarche quelque peu différente
vis à vis de ces rénovations, puisqu'il en va de son
patrimoine. Elle prend donc en compte dans ses estimations des travaux
beaucoup plus conséquents, aussi pour améliorer la
qualité et le confort de l'habitat (ascenseur, chauffage,
etc.)
d'où les différences de prix mentionnées.
Un autre point est relevé en faveur de la méthode
MER : les travaux envisagés par ce biais visent le maintien
des habitants dans leur logement, contrairement aux travaux que
projette la ville qui nécessitent d'évacuer les habitations
!
Après discussion, décision est prise que les habitants
du 14 rue Rousseau bénéficieront d'un courrier de
soutien du Collectif des habitants à leur démarche
(Michel et Julien s'en chargent).
Afin de faire passer l'info. auprès des autres habitants
des immeubles de la ville qui pourraient être intéressés
par la démarche entreprise par le 14 Rousseau, et afin de
les mobiliser, une réunion est fixée le mardi 20
mars à 20h30 chez Isabelle Greiner, au 14 rue Rousseau
(attention, code à l'entrée !). Les rénovations
des immeubles de la ville sera le thème central de cette
réunion et l'on y présentera la démarche entreprise
par les habitants du 14.
4. Divers :
- Luca nous informe qu'il s'agirait bientôt
d'organiser la fête à Théo (fête de
quartier organisée traditionnellement à la fin mai
à la rue Théodore Lissignol). Cette fête serait
une bonne occasion de mieux faire connaître nos activités
dans le quartier. L'organisation de la fête est du reste
assez légère, et un classeur est à disposition
pour les démarches nécessaires. Une première
date indicative est proposée, le samedi 26 mai. Il faut
que l'on parle de cette fête d'ici la prochaine réunion
du Collectif, où il s'agira de fixer cette fois-ci une
date définitive.
- Sébastien nous informe avoir reçue
une lettre d'une étudiante intéressée par
les activités de notre Collectif
La prochaine réunion
du Collectif Saint-Gervais
est fixée au 10 avril 01.
Isabelle et Julien se proposent pour
l'organisation de cette réunion, qui tournera autour des
questions liées aux rénovations des immeubles de la
ville. Il faudra aussi reprendre la question de l'organisation de
la fête à Théo.
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