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CYBER-HYPER IMAGES 2 PLAIDOYER EN FAVEUR DUNE PRAXIS DES CYBERMEDIAS ET DE PRATIQUES ARTISTIQUES CYBER CONTEXTUALISEES quel est le contexte? Lère des cybermédias, de la synchronisation technique, de la logique des circuits imprimés, des rétroactions et interactions, des retours dinformation et de savoir, ne sinscrit pas avec les bases du passé culturel et ne reproduit pas ses fondements darchivage, de stockage, de mémoire et de monuments, elle produit une culture dans le médium avec des clones(ni traces, ni simulacres, ni simulation: ce sont strictement des paquets de données digitalisées). Le mot culture auquel lEurope continentale reste idéologiquement attachée(pour des raisons manifestement de défense patrimoniale) est dans le contexte des cybermédias inapproprié. la culture: archive_histoire_mémoire_monument_sens La culture est une fonction dentreposage archivistique liée à lactivation des données en mémoire par le biais de stockage et de circulation de sens. Le passé culturel a eu pour activation majeure, la notion dhistoire, medium dautodescription de lhistoire dans ses formes de narration, de récits, et de techniques mémorielles. cybermedium: transmission_information_signaux_rétroaction_ Considérée dans le medium digital, la culture se définit par la transmission dinformations par signaux (et non plus dans une histoire produite par les relais du texte à limage comme elle sest massivement articulée depuis la révolution de limprimé au 15e siècle). Elle se définit à la vitesse de la lumière (temps réel) ayant pour corollaire, entre autre, le parasitage dans le véhicule du sens, les parasites de bruits et de systèmes de sécurité. A linverse de la culture monumentalisée (temps différé), sédentaire dans sa tendance, dépositaire de la signification accumulée, attachée aux bibliothèques, archives et musées, aux espaces de rangement, aux assemblages de ses matériaux physiques dans un seul et même site, le medium digital nest pas localisable. Il ne préserve pas les sources tangibles, mais les rétroactive en paquets de données numériques, en temps réel entre utilisation actualisée (présent) et mémoire passive (passé). La notion darchive mute dans le contexte de la numérisation des archives où leur fonction conservatrice, préservatrice des sources tangibles, est conduite à une dissolution par linjection des paquets de données dans les réseaux dinformation. Larchive nest plus ce monument ou cette ruine à laquelle a tant tenu et tient encore limperium, lemprise européenne pour fonder son histoire, sa légitimité, ses guerres de conquêtes, létablissement de ses états. Exit la notion darchive au sens historique du terme, ce sont des paquets dinformations filtrées, fugaces, réagencées au gré de la rétroaction de ladressage. Le numérique oppose à lanalogique une autre conception de la mémoire, de lhistoire et de ses techniques mémorielles, soit de ce qui a été une mise en scène de la culture. La mémorisation électronique basée sur le 0 et le 1 du binaire nest pas attachée au pied de la lettre comme lest la mémoire analogique de la médiateté sur quoi est fondée lidentification littérale de lhistoire sur texte et papier. Elle transmet des souvenirs numériques. Depuis que les photos aériennes dAuschwitz prises par les avions de reconnaissance américains davril 1944 à janvier 1945 ont été analysées 30 ans plus tard par les méthodes de recherche informatique de la CIA, les images ont produits leurs effets. Le souvenir numérique a montré ce qui était visible sur place et non dans larchive photographique: le nombre et le genre des détenus acheminés vers les chambres à gaz. Le savoir en tant quinformation digitalisée est un autre savoir, délié de son support physique, prêt à être consulté à partir dun mot-clef, il promeut une autre conscience de la culture (qui nest plus précisément patrimoniale). La dite duplication électronique des données des archives physiques nest pas un double. Ni double, ni simulacre, son clone forme une mémorisation intégrée à une pratique de régulation du transfert et du traitement de linformation dans un système de rétroaction a-localisé. Au passage de la mémoire à la mémorisation, une dynamique sengage par interaction sur des opérations micro-électroniques qui acheminent des flux courants de données. Exit la demande de sens, de bon sens, rempart et gardien des valeurs de la tradition. La transmission dinformations vise une consultation rapide et donc une autre lecture. La théorie systémique de Niklas Luhmann définit linformation comme linattendu dans lactualisation du présent sur les bases de données par algorithmes. Avec les standards de transmission de signaux asémantiques où lémetteur et le récepteur ne sont séparés par aucun espace géohistorique, le primat du temps réel sur lespace modifie techniquement et conceptuellement limaginaire et le symbolique de la culture, de sa mémoire et de ses savoirs. Exit la culture au sens des sciences humaines qui cependant continuent de peser de tout leur poids historique sur la recherche même la plus avancée, par exemple celle concernant le copyright. Le droit dauteur continue à ne pas faire de différences entre lanalogique et le numérique et reste attaché à la conception occidentale de loeuvre, de lauteur, etc. Or, une réflexion fondée par une média-archéologie sur la transmission des données montrerait dans la notion dimage, par exemple, que la compression de fractals reproduit récursivement un nouvel original, plus exactement un numérical. Il reste que les visées universalistes du copyright pensé dans la tradition des sciences humaines poursuit le renforcement dune protection juridique et donc dune propriété aux formules mathématiques. Transmission des données, mémorisation, rétroactions, interactions, signaux, infrastructure technique des commutations cybernétiques, hyperliens sont les notions élémentaires par lesquelles se forme une autre histoire dont il importe détudier de manière critico-dialectique les attendus. anti-copyright Liliane Schneiter Ces notes doivent beaucoup à larticle de Wolfgang Ernst, Un capital mémoire?, paru dans Thesis, Wissenschaftliche Zeitschrift der Bauhaus-Universität Weimar, (1999) Heft 3 et à létude des essais de Walter Benjamin sur les médias. |