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EDITO-site 2001.
Blocs citations
Le lièvre de Pâques découvert ou petite science des cachettes.
Vers le planétarium.
Annonce de la revue Angelus Novus.

Walter Benjamin (1892-1940) occupe un lieu inassignable dans le temps des chronologies linéaires. Amplement informé des affaires du monde, resté jusqu'à ses derniers jours sur le continent européen au plus proche des femmes et des hommes de son temps, Benjamin est réputé avoir bâti "une archéologie de la modernité".
De quelle archéologie au juste s'agit-il? Car la question est évidemment moins celle de la reconstruction d'un passé dans une grande culture historique, c'est-à-dire stratégique, — littéraire et visuelle, que celle de la radicale insistance de Benjamin à en écrire l'envers.
Dire, contre le présent des affaires du monde, l'histoire qui arrive en silence.
Dire cela, et l'écrire avec l'image d'une photographie ou d'un film, ou avec la typographie d'une affiche qui en ont fixé la prémonition, c'est ce que Benjamin s'est efforcé de faire chaque instant.

Essayiste, écrivain et théoricien inclassable, très peu cité de son vivant, ses manuscrits recopiés et lus parfois à haute voix dans des réunions d'amis, Benjamin est devenu une référence pour beaucoup d'artistes et de penseurs contemporains. Il est un passeur de questions qui, pour avoir été engagées dans le temps des promesses et des désastres du vingtième siècle, sont l'actualité de notre temps.
C'est le cas de ses essais sur la technique dans son rapport au politique, à l'économie et à l'esthétique.
C'est le cas de ses papiers divers, articles, notes, fragments sur les formes de la représentation de l'histoire, la photographie, le film, la radio, l'imprimé, ou encore sur les figures de la mémoire, du récit, de l'allégorie adressées à un monde qui s'empresse à convertir la valeur d'usage en valeur d'échange.

Quoi qu'il en soit de la complexité de la pensée de Benjamin qui aura toujours défendu des points de vue paradoxaux sur des questionnements importants des quarante premières années du vingtième siècle, inspirés autant par une légende talmudique que par le discours marxiste de son amie Asja Lacis ou par les travaux de l'Ecole de Francfort, la relecture des essais de Benjamin soutient de manière décisive toute recherche qui partage simultanément la défense des intuitions premières et la prise en compte d'une pertinente variété de points de vue.

À condition d'un effort de lucidité de chaque moment et d'"instants d'imagination intenses".

Le séminaire <Walter Benjamin/Cybertechniques> a pris pour sa propre gouverne cette quadruple règle d'une recherche exigeante, d'une étude impliquée dans l'histoire à son double niveau micrologique et global, d'un incessant questionnement de la condition digitale des images de ce temps, et d'une praxis de la résistance à tout appauvrissement de l'expérience de l'histoire.

Le site du séminaire ouvert en 1997 après des années de parution fanzine, rassemble des travaux et les actes de recherche des étudiants, et des invités au séminaire.
Il est une zone d'étude où lire, écrire, méditer, élaborer des images, et échanger sur le mode d'affinités électives avec des artistes, des chercheurs, des femmes et des hommes de cette diaspora digitale, — s'appelle travailler.

La fonction du site du séminaire ne cesse pas d'être questionnée dans ses pratiques et dans ses attendus théoriques comme en attestent les différences, exemplaires dans leur singularité, de ses éditions 2001, 2000, 1999, 1998, 1997.

Chaque année, tout est à rejouer. Cette petite constellation grandit avec d'autres dans ce que la locution dialegein chère à Benjamin ramasse: art et science du dialogue, de la discussion , de la dialectique.
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