"Un paradoxe étange: les gens n'ont à l'esprit, quand ils agissent, que l'intérêt privé le plus borné,

mais sont en même temps plus que jamais déterminé dans leur comportement par l'instinct de masse." Walter Benjamin

« Voilà, j'ai donné en ta main Ieriho avec son roi, les héros de l'armée. Contournez la ville, tous les hommes de la guerre, encerclez la ville une fois. Vous ferez ainsi six jours. Sept desservants porteront les sept shophars des Jubilés en face du coffre. Le septième jour, vous contournerez la ville, sept fois. Les desservants sonneront du shophar. Et c'est au tir de la corne du Jubilé, à l'audition de la voix du shophar, tout le peuple ovationnera en grande ovation. Le rempart de la ville tombera sur place, et le peuple montera, chaque homme contre lui.» Iehoshoua 6, 2-6. "La Bible de Chouraqui" « J'ai pas l'impression d'appartenir à cette ville, lui laisser du temps, mais je n'en ai pas. J'ai pas l'impression d'appartenir à ce peuple, me laisser du temps, mais je n'en ai pas. Je les regarde, les observe, les dévisage, les espionne, rien, aucune lumière, aucun éclair, aucune révélation, aucun signe. Rien ne déchire le voile. Le saint des saints: une absence, une nuit, une tombe. La Corée n'est pas mon pays, je ne suis pas coréen. Mon sang est AB+. La Suisse est mon pays, je suis suisse. Mon sang reste AB+. Je suis AB+, c'est déjà pas mal. L'Amérique Latine me tend ses bras, me donne ses seins, m'ouvre ses cuisses; c'est mon exotisme, mon attrait sensuel, mon impérialisme touristique, ma possession imaginaire, ma fantasmagorique représentation. Mais la Corée, elle coule dans mes veines, c'est elle que je vois dans mes yeux, c'est elle que j'entends dans ma poitrine, c'est ma maternité, mon Oedipe, ma castration. La Suisse c'est ma déchirure, c'est ma construction, c'est mon paradoxe, mon manque de mal du pays. Mais c'est là que je prendrai femme et enfants. C'est mon rhizome. Il faut que je brûle mon exotiphilie, que je résolve l'image, le visage d'Elle.» O. Hong Suk « La création artistique la plus parfaite, c'est celle qui s'éloigne le plus de l'image de Dieu. Ah! ce que Dieu a crée importe bien peu, au regard de l'oeuvre des hommes! ... Le seul art qui soit à la mesure de l'homme de l'espace, le seul capable de la conduire plus loin que les étoiles, comme les figures d'ocre et de fumée ouvrirent sur l'avenir les murs de ses cavernes, c'est l'érotisme... L'amour, cela n'a pas été inventé pour avilir, pour asservir ou pour faire grimacer. Ce n'est pas le cinéma du pauvre ni le tranquillisant de l'agité, pas une distraction, pas un jeu, pas un opium, pas un hochet. L'amour, l'art de l'amour charnel , c'est la réalité de l'homme, le rivage sans leurre, la terre ferme, la seule vraie patrie. "Tout ce qui n'est pas l'amour se passe pour moi dans un autre monde, le monde des fantômes. Tout ce qui n'est pas l'amour se passe pour moi en rêve et dans un rêve hideux... Je ne reviens homme que lorsque des bras me serrent!" Ce cri de clairvoyance de Don Juan, tant d'autres l'ont entendu et compris, si différente que fût la forme de leur génie.» Emmanuelle Arsan

Objet d'entrée dans la ville et écriture dialectique de l'Histoire.

Séminaire Walter Benjamin. Collage du texte Olivier Carrard

 

 

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