Forum 3/12/1998 à Benjamin-Debord d'Yves Mettler

 

Yves: à partir du texte de Benjamin sur Moscou où son regard traverse la ville, glisse dans l'environnement socio-urbain et lit, par cette courbe glissante, les méfaits des idéologies communistes, je me demande ce quel regard se forme aujourd'hui dans les situations de glisse, les technologies des sports qui entraînent à voir des espaces courbes, des "dérives" façon Debord; ça produit une nouvelle sensation du monde tout en courbes, en pentes. Ma question serait: est-ce que ça interfère sur l'aménagement de la ville?

Liliane: du côté des décisions des aménageurs, des urbanistes?

Yves: ça modifie déjà physiquement les bordures des trottoirs. Ils sont courbés par le passage des skatts

Sébastien: les skatts s'approprient l'espace urbain de manière déviante.

Yves: plus encore, les skatts donnent une nouvelle représentation de la ville construite: la fluidité. Et puis, on voit que l'architecture module avec les plans libres, les décloisonnements. Tout bouge, circule plus vite, cherche les passages et les transparences. Les maisons se construisent et se conçoivent comme perméables.

Liliane: est-ce qu'il y aurait à remarquer une dimension commune à beaucoup de pratiques de l'espace social, comme la recherche de l'osmose, l'interaction extérieur-intérieur, l'effacement des frontières?

Elodie: c'est le domaine de la domotique qui travaille à mesurer ces interférences

Yves: ce qui sera intéressant bientôt, c'est de voir comment cette perméabilité va modifier toute la ville.