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9e Biennale de l’Image en Mouvement
Centre pour l'image contemporaine

2-10 novembre 2001

Palmarès de la compétition internationale

Le Jury de la 9e Biennale était composé de Pierre-André Lienhard (CH), président, Christa Blümlinger (A), Eugeni Bonet (E), Ulrike Kremeier (D) et Annette Schindler (CH).

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Statement du jury:
Les travaux - vidéos et films - soumis à l’appréciation du jury représentaient une diversité réjouissante, mais sans tendance ou trend clairement prédominant. Visionnement et discussion des quelques 50 travaux en compétition ont donc représenté un exercice particulièrement intensif en regard de la concentration du temps imparti et de l’hétérogénéïté thématique et formelle: oeuvres documentaires, fictions, vidéos d’art, images d’animation, oeuvres de longue haleine ou miniatures. Par ailleurs, le jury a relevé la présence de plusieurs oeuvres installatives transformées en oeuvres monobandes, posant à ses yeux un problème de comparabilité dans le contexte de cette compétition d’oeuvres projetées en salle.
Les oeuvres que le jury a souhaité distinguer lui ont paru représenter pour l’essentiel une série de positions prometteuses qu’il souhaite voir développées. Dans ses discussions, le jury a mis en avant les qualités de ces oeuvres par rapport aux réserves critiques exprimées par ailleurs. Ainsi, aucunes des oeuvres distinguées n’a fait l’unanimité, du moins dans l’ordre de priorité. Toutes ont par contre réunis une majorité de jurés autour d’elles et permis d’aboutir à un palmarès bénéficiant d’un large consensus.


Grand Prix de la Ville de Genève (CHF 15’000.-):
Mamta MURTHY
, Colours Black, Inde
Avec ce premier film, Mamta Murthy a trouvé une forme de représentation pertinente et impressionante par sa densité et sa diversité, pour traiter d’un thème tabou: l’abus sexuel des enfants et les traumatismes qui en résultent. Murthy expose ouvertement sa construction: elle combine des mises en scène avec des enfants, ou selon leur perspective, avec des voix off d’adultes qui témoignent des abus dont ils ont eux-mêmes été victimes. Le langage visuel choisi par Murthy est précis et cohérent tant par rapport au médium vidéo que par rapport au thème abordé. Le jury a particulièrement apprécié ce travail pour l’intelligence et la sensibilité avec laquelle sont combinés ici un engagement social et une transcription esthétique de haute qualité.



Prix Jeunes créateurs du Département de l’instruction publique de l’Etat de Genève: (CHF 5’000.-):
Peter BRINSON
, It Did it, Etats-Unis
Le travail met en scène l’expérience d’une dépression et son traitement par le médicament à la mode, le Prozac. Au moyen de l’ironie et d’un discours pseudo-scientifique, l’artiste égratigne la neuro-psychiatrie et le topos de l’artiste mélancolique. Brinson utilise à cette fin un choix éclectique de matériaux allant de l’animation infographique au found footage en passant par la mise en scène de soi et de références cinématographiques et historiques. L’oeuvre a en outre impressioné le jury par sa cohérence interne.



Deux Prix du Centre pour l’Image Contemporaine, Saint-Gervais Genève (2 x CHF 2’500.-)

Kristin LUCAS, Involuntary Reception, Etats-Unis
L’artiste met en scène un personnage féminin fictif qui, en raison de sa réceptivité particulière aux fréquences électro-magnétiques, est quotidiennement confronté avec les difficultés les plus diverses. Dans un monologue factuel et sans prétention, interrompu par des séquences illustratives, le personnage décrit son handicap et ses conséquences sur son environnement. Le rapport de l’homme à la technologie, caractérisé par des dysfonctionnements et des pannes, est ici mené jusqu’à l’absurde. Ce travail prend place au sein d’une série que l’artiste a développé avec conséquence autour de cette figure.

Margot ZANNI, 4 Stücke- drame psycologique en couleurs, Suisse
Au fil de séquences entrecroisées, c’est l’histoire de quatre films qui est racontée par des narrateurs donnant l’impression d’en avoir été les témoins. L’identification des narrateurs avec les personnages des films est renforcée au fil de la vidéo par la visite de sites semblables aux lieux de tournage des films. Le jury a été particulièrement sensible à la relation que l’artiste établit entre l’espace de narration et l’espace de de l’image divisé en fenêtres qui composent tantôt un diptyque, tantôt un triptyque, pour finir sur un panoramique et qui mettent également en jeu la question du hors champ.




Prix spécial de l’Office fédéral de la culture (CHF 2’500.-)
Kim Sop BONINSEGNI: An Italian Walk, Suisse

L’oeuvre est animée par de grandes ambitions esthétiques et théoriques. L’autopoesis du film est énoncée par une voix off, alors que le film thématise lui-même la question de la construction d’un personnage fictif pour les besoins du récit. Des défilements de paysages sont habilement combinés avec des photos d’environnements urbains, et des bandes sonores de films, renvoyant directement à l’histoire du cinéma, s’entrecroisent avec la narration. Aucun élément du puzzle n’a de fonction illustrative. Tous concourrent à la représentation complexe d’une quête identitaire.




Mentions spéciales
Bien que le jury ait décidé de décerner les prix à disposition à des oeuvres de moyenne et longue durée, il souhaite malgré tout mettre en avant quelques oeuvres courtes qui l’ont convaincu tant par leur forme que leur contenu. Il distingue par conséquent les trois miniatures suivantes par une mention spéciale:

Jeroen OFFERMANN, The Great Escape, Pays-Bas - Un plan continu, presque fixe, présente un événement aussi minimal que surréel: l’apparition d’un immense Hovercraft qui atterit sur une plage hollandaise pour redisparaître ensuite. Cette double traversée de la profondeur de champ s’inscrit dans la tradition picturale du paysage marin.

Donigan CUMMING, Wrap, Canada - L’artiste réussit à montrer l’acte de parole comme un phénomène émotionnel à travers son intérêt pour une expressivité poussée de visages filmés en gros plan. Les dysfonctionnements de l’image et du son d’une part, de l’état émotionnel et de la communication d’autre part, forment le thème de l’oeuvre.

Andrey PAOUNOV, Lucy Tsak Tsak, Bulgarie - Dans la réalisation d’un film, l’acteur auquel sont consacrées d’inombrables prises de vue qui prennent pourtant toutes la direction de la poubelle est ici objet d’un bref hommage. Le film de Paounov s’ouvre et se referme sur la table de montage qui sacrifie habituellement ces images. Entre-deux, le film présente ces chutes qui proposent, en un un étonnant raccourci d’une minute, une vie de travail d’une clap-woman.

Centre pour l’image contemporaine, 5 rue du Temple, CH-1201 Genève
www.centreimage.ch


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