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Cinéaste précoce, reconnu dès ses premiers films comme un auteur et un poète à part, travaillant avec des budgets minuscules, apprécié par nombre de fans mais ignoré presque totalement du public, Philippe Garrel occupe une place singulière dans le cinéma français. Fils de comédien, il manie la caméra très tôt, tournant vite, dans les années soixante et soixante-dix, des films autarciques, au carrefour de deux influences, celle du cinéma de Godard et celle de l'Underground américain, et qui n'ont connu qu'une diffusion confidentielle.
Dès «Les enfants désaccordés» quil réalise en 1964 à lâge de 16 ans, se dégage un rapport direct et poétique entre le matériau cinématographique et ce que Garrel est dans lurgence dexprimer. En débutant si jeune, il échappe à ce qui était obligé pour les autres: passer par un système de construction, raconter une histoire selon des schémas. Cette liberté permet une première définition du cinéma selon Garrel: une saisie immédiate de la vie par lenfant qui na pas de mots.
Elle développe quelques thèmes fondamentaux: léternel débat entre lhomme et la femme, auxquels sajoute lenfant qui tourne autour deux pour percer le secret de son origine.
Vouant une admiration toute particulière à Godard, il a défini le cinéma comme étant «Freud plus Lumière». Chaque film est un nouveau prétexte dexpérimentation, mais pas au sens de la recherche formelle du cinéma expérimental, loeuvre de Garrel étant essentiellement autobiographique. Ses films peuvent être divisés en deux périodes: les premiers sont des travaux expérimentaux, des visions hermétiques de laliénation artistique, et, dans le courant des années 70, des portraits de ses proches, comme Nico, la chanteuse du Velvet Underground, qui fut sa compagne durant dix années. Tu as une caméra à la place du coeur dit Anne Wiazemsky alias Nico dans «LEnfant secret». Ces années sauvages, marquées par la drogue et la folie, sachèvent par un internement psychiatrique, durant lequel il subit des électrochocs. Ce traumatisme hantera les films qui vont suivre. Depuis 1979, Garrel a choisi un cinéma plus narratif, il a produit une série de films à fort caractère autobiographique où les frontières de la fiction sont mouvantes, avec des mariages qui se font et se défont, des enfants qui naissent et posent des questions, des parents qui meurent, et les héros de Garrel se débattent dans le milieu de leur vie, à lombre des amours et des rêves perdus de 1968. Lunivers filmique de Garrel est proche du home movie, avec un sens rare de lintimité. Parmi ses films les plus connus on compte: «Jentends plus la guitare»(1990), «Le Coeur fantôme» (1995, avec Luis Rego), et «Le Vent de la nuit» (1998, avec Xavier Beauvois et Catherine Deneuve).
Dix films majeurs de son oeuvre (qui en compte une trentaine) seront projetés:
Les enfants désaccordés, 1964, 15 min., 35 mm, n/b
Marie pour mémoire, 1967, 85 min., 35 mm, n/b,
Le révélateur, 1968, 60 min., 35 mm., n/b, muet,
Le lit de la Vierge, 1969, 105 min., 35 mm, scope, n/b,
La cicatrice intérieure, 1970-71, 35 mm, 60 min., couleur,
Les hautes solitudes, 1974, 80 min., 35 mm, n/b muet,
Lenfant secret, 1979, 95 min. 35 mm, n/b,
Elle a passé tant dheures sous les sunlights, 35 mm, n/b, 130 min., 1986,
Jentends plus la guitare, 1990, 98 min, 35mm, couleur,
Le vent de la nuit, 1998, 95 min., 35 mm, coul.
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Premiere suisse de son dernier film: Sauvage innocence, France, 2001, 125
Les enfants désaccordés, 1964, 15 min., 35 mm, n/b
Scén., mont., prod.: Philippe Garrel - photo: André Weinfeld - interprétation: Christiane Pérez, Pascal Laperrousaz, Maurice Garrel.
«Cest un film sur un type qui se tire de chez lui et qui va avec une fille, et comme je ne savais pas très bien où il allait, jai filmé une chose abstraite, une espèce de château avec des types nus qui pendaient par la fenêtre, accrochés, et des types dans les coins, qui ne bougeaient pas, complètement repliés sur eux-mêmes. Quand je vois ça maintenant, je trouve que cest exactement ce qui est en train darriver à notre génération: le fait que nous soyons complètement déphasés par rapport au cycle de la consommation, que nous ayons envie de tout brusquer. De cela, je ne me rendais absolument pas compte à lépoque.»
Philippe Garrel (Cahiers du Cinéma, 1968)
Marie pour mémoire, 1967, 85 min., 35 mm, n/b
Scén. et mont.: Philippe Garrel, photo: Michel Fournier, son: Dumas, prod.: Philippe Garrel (avec le concours de Claude Berri et du Centre de la Recherche), mus.: François Garrel, interpréatation: Zouzou (Marie), Didier Léon (Jésus), Nicole Laguigné (Sainte Blandine), Thierry Garrel (Gabriel), Fiameta Ortega (conseillère à la prudence), Sylvaine Massart, Jacques Robiolles, André Bineau, Maurice Garrel. Grand Prix du Festival de Hyères 1968.
«Film réalisé en dix jours par un imposteur, protégé par le statut dartiste.
Film dun élément de la nouvelle génération à lusage des aliénés et de lui-même inclus comme cinéaste.
Constat pessimiste plutôt que film critique, parce que tout va bien dans le monde occidental excepté les hommes qui y vivent.
Mais lhomme et son quotidien imbécile, quelle importance nest-ce pas?
Ce qui compte cest le rendement.
Partis pour tourner un manifeste athée, on est revenu avec un éloge de la folie dans les boîtes.
Le jeune homme qui vient dimpressionner ces images mentales, sur la pellicule, attend, faute de mieux, le quiproquo qui naîtra entre la société et le film.
Il vaut mieux sarrêter de médire parce que, sinon ça va tourner au drame.
Enfin, Marie est une jeune fille acide.
Pour le reste espéreons que ça va noyauter.» P. Garrel
Philippe Garrel voulait ce film prophétique. Aujourd'hui, la scène (filmée comme un viol) où Marie subit des électrochocs glace le sang de ceux qui se souviennent qu'à la fin des années 70, le cinéaste connaîtra en asile des traitements analogues. Mais prophétique, le film l'est aussi en ce qu'il préfigurait les questions que posera, au sortir de 1968, l'association gauchiste «Vive la révolution»: que deviennent nos corps et nos désirs dans la doctrine révolutionnaire?
Le révélateur, 1968, 60 min., 35 mm., n/b, muet
Scén., mont., prod.: Philippe Garrel, photo: Michel Fournier, interprétation: Bernadette Lafont, Laurent Terzieff, Stanislas Robiolles.
Un petit enfant tourne autour de ses parents pour percer le mystère de sa propre naissance, tandis que le titre du film, comme son procédé (muet, noir et blanc), évoquent lorigine du cinéma.
«Le Révélateur est un film délibérément onirique qui tourne autour de ce que la psychanalyse appelle la scène primitive: comment naît un film, comment se fabrique un enfant, la première fois quun enfant voit ses parents faire lamour. Cest un muet dune heure, réalisé avec des moyens dérisoires, qui montre un petit garçon aux prises avec ses parents (Bernadette Laffont et Laurent Terzieff). Tous trois se déplacent dans un univers banalisé par les représentations du rêve (un escalier, une route, une forêt) et comme javais dû me contenter pour les éclairages dune lampe de poche, les noirs et blancs très contrastés qui partagent violemment lécran contribuent à produire une impression dirréalité.»
Philippe Garrel, entretiens avec Thomas Lescure entre 1985 et 1989
Le lit de la Vierge, 1969, 105 min., 35 mm, scope, n/b
Scén., mont.: Philippe Garrel, prod.: Philippe Garrel et Sylvina Boissonnas, photo: Michel Fournier, musique: Les Jeunes rebelles, Nico, interprétation: Pierre Clémenti, Zouzou, Tina Aumont, Margareth Clémenti, Nicole Laguigné, Babette Lamy, Didier Léon, Jaïme Semprun, Jean-Pierre Kalfon.
Cest un film qui joue avec quelques figures pseudo-symboliques, le Christ, la Vierge, la Mer. Le lit de la Vierge semble, plus que les autres films, user de la technique cinématographique, travellings enveloppant une illusion de conventions pour sublimer un rituel ici aussi fondé sur le parcours, le gestuel, le cri. Si lon peut poser des mots sur quelques-unes des compositions (les images, très étudiées dans leur apparent chaos, démarrent sur leur beauté propre pour la nier ensuite, dans leur durée): ici le sacrifice, plus loin lattente, enfin la mort: si Jésus revenait, il serait impuissant devant notre monde.
La cicatrice intérieure, 1970-71, 35 mm, 60 min., couleur
Scén., mont., prod.: Phillipe Garrel, photo: Jean Chiabeaud et Michel Fournier, son: Lévert et Bonfanti, musique: Nico, interprétation: Nico, Pierre Clémenti, Philippe Garrel, Balthazar Clémenti, Daniel Pommereulle.
«Cest un film sur la vie, la renaissance à partir des éléments premiers: la terre, leau, le feu...
Je lui avait proposé sept travaux alchimiques pour illustrer une légende initiatique: un guerrier débarque sur une île, trempe son épée dans un volcan, etc.
Il ny avait rien: une caméra et un décor, quelques allusions à un thème dont nous parlions à peine, et il fallait arriver à la création dans linstant car il ny avait quune seule prise, sans retour possible, comme un acte sacramentel. Philippe était fasciné par limage grâce à la quelle il revenait à lorigine, à lessentiel du cinéma. A lopposé (cest ce qui me passionnait dans cette recherche) des oeuvres livresques dont nous étions accablés. Très peu hermétique dans son travail, au contraire, généreux, actif, toujours à la recherche dune communication insondable , avec un amour profond pour les acteurs.»
Pierre Clément
Les hautes solitudes, 1974, 80 min., 35 mm, n/b muet
Scén., photo, mont., prod.: Philippe Garrel, interprétation: Jean Seberg, Nico, Tina Aumont, Laurent Terzieff.
«Lhomme traverse seul la capitale. A pied ou en métro. Il se rend chez une actrice, en portant sur son épaule une caméra 35mm et un pied en bois. Il accomplit ce trajet durant toute une saison. Un jour sur deux. A chaque fois, il sonne chez elle, dans son appartement luxueux du 5e arrondissement. Ils se sourient des yeux. Elle part se préparer dans la pièce dà côté, se maquille ou non. Puis ils sortent, déambulent dans la rue, sengouffrent dans les cafés, explorent les jardins ou se calfeutrent dans une chambre dhôtel. Ensemble, ils imaginent sommairement des scènes. Elle se concentre et lhomme déclenche la caméra. Ils parlent de choses futiles ou intimes.Pas déquipe, ni de répétitions. Cest un documentaire sur le visage de Jean Seberg. Philippe Garrel fouille si profondément, le cadre de si près quil devient une infinités de choses...
Jacques Morice, Les Cahiers du Cinéma, numéro spécial 100.
Lenfant secret, 1979, 95 min. 35 mm, n/b
Scén., mont., prod.: Phillipe Garrel, photo: Pascal Laperrousaz, son: Alain Villeval, musique: Faton Cahen et Didier Lockwood, interprétation: Anne Wiazemsky, Henri de Maublanc, Elli Medeiros, Benoît Ferreux, Cécile le Bailly, Eliane Roy, Caroline von Paulus, Edwige Gruss, Vincent Daré, Philippe Garrel.
Prix Jean Vigo 1982.
«Un homme laisse entendre quil a souffert. Un cinéaste dit quil témoigne pour sa génération. Une expérience lutte pour passer dans un récit. Un récit est encore brûlant davoir failli geler. Est-ce un film? Si oui, LEnfant secret ressemble bien peu à ce qui «marche» aujourdhui dans le cinéma français. «Souffrance», «témoignage», «expérience», «récit»: mots mal vus mal dits, vielliots et qui font peur. Reprenons.
Lhomme a souffert mais ne se plaint pas trop (cest un dandy). Sa génération? Perdue, bien sûr, dailleurs cest la nôtre. Lexpérience? Banale à pleurer. Un homme et une femme aux noms bibliques (Elie et Jean-Baptiste) joués par deux acteurs bressoniens (Anne Wiazemsky et Henri de Maublanc), ou la rencontre de lélectrochoc et de loverdose sous les toits de Paris. Entre eux, le secret mal gardé dun enfant, Swann. Swann-le-cygne, signe de vie, de survie à deux, enfants denfants. Swann est un peu de pellicule tremblée. Et le récit? Comme on nen fait plus. Chaque moment taillé comme un silex ou caressé comme un galet bien en mains, avec un début et une fin, un avant et un après. [...] Et puisquil est ici question denfance, je pensais à ce petit poucet du cinéma moderne qui, en quatorze films, avait appris une chose: quil faut semer des miettes de pain derrière soi et que chacune de ces miettes soit unique. Les «scènes» de LEnfant secret sont de longs inserts, des saynètes ou des caresses. Parfois arides (on dira alors que ça reste du cinéma damateur), parfois somptueuses (on se souviendra que Garrel nignore rien de la beauté, quil a assise, très jeune, sur ses genoux).
Cest comme si ce film autobiographique avait réussi à ne pas perdre le nord sans oublier la trace de chaque étape. Bouts dexpérience sensorielle pure (toucher, avoir froid), actes dans leur sécheresse (lélectrochoc), moments sereins et furtifs. Jaime beaucoup la scène où Jean-Baptiste vraiment clochardisé allume le mégot quil vient de ramasser sous un banc. Je me suis dit que cétait Griffith ou Charlot qui revenaient pour quelques instants. Que Garrel avait filmé cette chose quon navait jamais vue: la tête des acteurs des films muets dans les moments où cest le noir du carton, avec ses pauvres mots de lumière, qui occupe lécran.
Serge Daney, Ciné-journal, 19 février 1983
Elle a passé tant dheures sous les sunlights, 35 mm, n/b, 130 min., 1986
Scén., dial., mont., prod.: Philippe Garrel, photo: Pascal Laperrousaz, son:Jean-Pierre Laforce, mus.: Nico, interprétation: Mireille Perrier, Jacques Bonnaffé, Anne Wiazemski, Lou Castel, Philippe Garrel et la participation de Chantal Akerman et Jacques Doillon.
Cest lhistoire dun tournage, le film sarticule autour de deux couples montrés en parallèle. Cette fois, il sagit de deux couples de cinéma (metteur en scène et actrice), lun réel, lautre imaginaire. Cette contamination de limaginaire par le réel, du champ par lavant champ, devient sous les sunlights subversion intégrale; cette fois cest toute la mise en scène qui investit lécran: caméras et techniciens sont dans le champ, les comédiens sont filmés à leur arrivée sur le plateau, Garrel les dirigeant. On a des aperçus sur le financement des films davant-garde; on voit en effet Garrel faire un trafic dhéroïne pour que le film ne soit pas interrompu...
«Jessaierai de montrer le point dinterférence quil y a entre la réalité, les moments de dèche et de misère dun cinéaste, et son film où il injectera des bribes de sa réalité dans un contexte imaginare et sentimental [...] Jai organisé le film autour de cinq rêves que javais faits [...] Je pensais que cétait linterférence du cinéma imaginaire et du réel, qui était le plus intéressant en ce moment, chez des gens comme Godard ou Pialat, [...] cest-à-dire, lendroit où se nourrit le cinéma pour que les films puisent exister. Ce film est dédié à Jean Eustache.»
Une caméra à la place du coeur, entretiens de Philippe Garrel avec Thomas Lescure, Editions Admiranda/Institut de lImage, Aix-en-Provence, 1992.
Jentends plus la guitare, 1990, 98 min, 35mm, couleur
Scén.: Philippe Garrel, adaptation: Jean-François Goyet, dial.: Marc Cholodenko, dir. photo: Caroline Champetier, mus. et piano: Faton Cohen, violon: Didier Lockwood, saxophone: Elton Dean, mont.: Sophie Coussein et Yann Dedet, son: René Levert, prod. et dist.: Gérard Vaugeois pour les Films de l'Atalante, interprétation: Benoît Régent, Johanna Ter Steege, Yann Collette, Mireille Perrier, Brigitte Sy, Anouk Grinberg, Adélaïde Blasquez, Philippe Morier-Genoud et sa famille, Édith Boulogne, Chantal Trichet, Thomas Salsman, Alexis Piccolo. Lion d'argent, Venise 1991.
Deux garçons et deux filles. Les garçons parlent des filles. Elles, de tout et de rien. Parfois, tous se taisent. Dans lombre dune chambre nue, un vase est posé sur le sol. Une femme passe, arrange les fleurs. Au début, le film apparait comme une espèce de roman construit à partir de personnages réels dont on peut ignorer lexistence (Nico encore une fois rebaptisée, sappelle Marianne, lami peintre, cest Frédéric Pardo). Très vite pourtant on saperçoit que ce film est un palimpseste: bientôt affleure une scène (le récit dune rupture) déjà vue dans Rue Fontaine et deux autres films. Il sagit de la même rupture et de la même femme, mais les interlocuteurs ne sont plus les mêmes, ne disent plus tout à fait les mêmes choses.
Le vent de la nuit, 1998, 95 min., 35 mm, coul.
Scén. et dial.: Philippe Garrel, Marc Cholodenko, Xavier Beauvois, Arlette Langman, photo: Caroline Champetier (A.F.C.), mont.: Françoise Collin, décors: Mathieu Menut, mus.: John Cale, prod.: Why Not Productions, Les Films Alain Sarde, dist.: Mars Films. Int: Catherine Deneuve, Daniel Duval, Xavier Beauvois.
«Le vent de la nuit» rajoute un chapitre à une oeuvre constituée comme le feuilleton dune vie dhomme et de cinéaste. Il sagit ici du trajet de quatre personnages, dont trois êtres humains et une voiture. Hélène (Catherine Deneuve), la cinquentaine inquiète, au bout de son mariage et au sommet dune beauté trahie par le temps, a décidé de tout flamber avec un étudiant des beaux-arts. Paul (Xavier Bauvois), indécis, la quitte après une après-midi damour et part pour Naples. Au pied dun immeuble dominant la baie, Paul est fasciné par un coupé Porsche rouge vif. Il tourne lentement autour, tandis que Serge (Daniel Duval), le propriétaire du bolide, lobserve du haut de limmeuble. Serge veut mettre fin à ses jours. Ils rentreront ensemble à Paris.
Magie constante de ce film: chaque plan est travaillé pour que rien n'échappe au spectateur invité à accompagner pour un temps ces personnages. Nudité d'une muraille de béton cru éclairé du rouge sang d'une voiture de sport, pauvreté d'une batterie de casseroles sur une cloison de cuisine, rayures pisseuses d'une tapisserie de chambre d'hôtel, ces «intérieurs» jurent avec l'éclat des paysages, ouvertures sur la mer d'Italie, mélancolie d'un cimetière berlinois, beauté nocturne d'une place parisienne, un jet d'eau, la croix verte de néon d'une pharmacie. Mais tout cela ne serait qu'affaire de décor si les vigoureuses beautés de ces lieux ne servaient à mieux retrouver le désarroi de personnages en mal d'être.
Dans le cadre de la rétrospective du cinéaste français Philippe GARREL, la
Biennale de lImage en Mouvement projettera son dernier film "SAUVAGE
INNOCENCE" , France, 2001, 125. Un metteur en scène veut faire un film
contre lhéroïne, après avoir perdu sa compagne, morte dune overdose. Il
confie le rôle principal à une comédienne dont il est tombé amoureux.Il ne
trouve pas de producteur ni dargent pour son film. Un jour un type lui
propose une énorme somme dargent pour passer une valise dhéroïne à
létranger. Il pourrait poduire un film dénonçant la drogue avec largent
même dun trafic dhéroïne. Et comme il veut séduire la comédienne et
venger sa première femme, il accepte...
Projection unique le jeudi 8 novembre à 22h30.
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